Certains détroits et points de passage concentrent une part disproportionnée du commerce mondial de l’énergie. Leur perturbation — même partielle, même temporaire — déclenche une chaîne de risques en cascade que les directions financières doivent avoir intégrée bien avant que la crise ne se matérialise.
Choc d’approvisionnement et inflation importée
La fermeture ou la perturbation du détroit provoque une flambée immédiate des prix de l’énergie. Pour les entreprises : hausse des coûts de transport, des matières premières et des intrants.
Le risque : des marges érodées sans possibilité de répercussion immédiate sur les prix de vente, surtout en présence de contrats à prix ferme.
Délais de livraison et ruptures de stock
Le contournement par le cap de Bonne-Espérance allonge les routes de 10 à 15 jours. Les délais fournisseurs augmentent, les stocks de sécurité s’épuisent, et les pénalités de retard contractuelles s’accumulent.
Pour les entreprises à flux tendus, le BFR est impacté en premier : hausse des stocks de précaution, allongement des créances clients et demandes de paiements anticipés des fournisseurs.
Risque d’impayés
En période de tension géopolitique, les acheteurs exposés voient leur solvabilité se dégrader rapidement. Les assureurs-crédit ajustent leurs notations et peuvent réduire leurs encours garantis.
L’assurance-crédit devient alors un outil de pilotage stratégique, au-delà du simple filet de sécurité.
Ce qu’il faut retenir
Une zone géopolitique sensible génère des risques directs sur le BFR, la marge et les créances — mais dès les premiers signaux, la direction financière peut, avec son assureur-crédit et son factor, transformer une exposition subie en risque maîtrisé
Edouard BATAILLE



