Entre obligations réglementaires et exigences des assureurs, les entreprises naviguent souvent à vue sur la question de la gestion des risques.
Une analyse structurée permet d’y de voir plus clair — et d’agir là où c’est vraiment utile.
Des risques qui se multiplient et se combinent
Crise géopolitique, réchauffement climatique, cybercriminalité, tensions sociales, évolutions réglementaires … Le contexte dans lequel évoluent les entreprises s’est profondément transformé. Les risques ne s’additionnent plus, ils s’enchaînent et s’amplifient mutuellement.
Dans ce tableau, certains restent plus silencieux que d’autres — jusqu’au jour où ils surviennent.




Parmi ces risques, l’incendie et l’explosion occupent une place à part dans le champ des dommages aux biens — par leur
intensité et les conséquences qu’ils entraînent bien au-delà de la destruction matérielle. La couverture dommages aux biens
représente par ailleurs l’un des postes les plus lourds du budget assurance IARD d’une entreprise : ce qui justifie d’y consacrer une attention particulière.
Prévention et protection : deux logiques distinctes
Face à un risque, deux types d’action sont possibles. La prévention cherche à en réduire la probabilité — en agissant sur les causes. La protection vise à en limiter les conséquences lorsqu’il survient. Les deux sont nécessaires, mais leur nature et leur coût diffèrent sensiblement. Construire une stratégie cohérente suppose de les distinguer clairement, et de les combiner de façon adaptée à chaque situation.

Deux logiques distinctes qui répondent à des enjeux différents
Pourquoi l’incendie/explosion en priorité ?
L’incendie et l’explosion représentent le premier risque en dommages aux biens. Les statistiques tous secteurs confondus donnent quelques repères : 50 % des départs de feu ont une origine électrique, 25 % sont liés à des travaux par points chauds. Quant aux conséquences, elles dépassent souvent la destruction physique — arrêt de production, perte de clientèle, délais non
tenus, réputation entamée.
Ce risque s’inscrit dans un cadre réglementaire précis (Code du travail, ICPE) et répond à des exigences assurantielles spécifiques (APSAD, FM Global, NFPA). Savoir où l’on en est par rapport à ces référentiels — et ce qui peut être amélioré ou démontré — est souvent le premier pas utile pour peser sur ses conditions de couverture.
L’enjeu incendie en chiffres



Comment se déroule une analyse du risque incendie ?
1 – Visite du site
Observation des installations, des activités, des équipements et de l’organisation en place. Ce premier contact avec le terrain révèle souvent des réalités qu’aucun document ne retranscrit fidèlement.
2 – Identification des sources de risque
Repérage des sources génériques communes à tous secteurs — électricité, travaux par pointschauds, foudre, malveillance, batteries lithium, compresseurs… — et des sources spécifiques à l’activité : process, stockages particuliers, équipements propres au métier.
3 – Retour d’expérience sectoriel
Analyse de l’accidentologie propre au secteur du client : quand les sinistres surviennent-ils, où, pourquoi ? Ce croisement avec l’histoire des accidents du secteur permet de calibrer les priorités avec davantage de finesse.
4 – Constat
Évaluation de l’existant au regard des référentiels applicables — réglementaires et assurantiels. L’analyse permet de documenter ce qui est suffisant et, parfois, de démontrer qu’une installation automatique d’extinction (sprinklers, par exemple) n’est pas nécessaire au regard du risque réel — là où un assureur l’aurait demandée par défaut. Les certifications existantes (Q4, Q18, Q19,…) sont également identifiées et valorisées.
5 – Plan d’action priorisé
Des actions concrètes, classées par ordre de priorité, distinguant mesures de prévention et mesures de protection. Ce dossier constitue également un appui solide dans le dialogue avec les assureurs — sur le niveau des franchises, les conditions de garantie — et anticipe leurs demandes habituelles en cas de changement d’assureur, réduisant ainsi les délais de mise en place de la couverture.

Sur le terrain
Lors d’une étude récente menée chez un client, l’analyse a permis d’identifier dix-huit sources de risque, génériques comme spécifiques à l’activité : installations électriques, zones de charge de batteries lithium, stockages de produits inflammables, travaux par points chauds, foudre, compresseurs, process thermiques propres au métier…
Le constat a mis en évidence des points forts existants, dont plusieurs certifications valorisables auprès des assureurs, et des axes d’amélioration concrets, pour la plupart simples et peu coûteux. Il a également permis de démontrer l’absence de nécessité de certaines installations que l’assureur aurait pu réclamer. Le dossier produit a servi de base au dialogue avec les assureurs, contribuant à des conditions de couverture plus adaptées à la réalité du risque.
Ce type d’analyse peut être conduit dans tous les secteurs d’activité.
Au-delà de l’incendie
Une analyse du risque incendie/explosion produit une documentation structurée de l’installation et une connaissance fine de ses vulnérabilités. Cette base s’avère souvent utile bien au-delà du seul risque incendie : pour dialoguer avec les assureurs, pour nourrir une réflexion sur d’autres risques — environnementaux, liés à la flotte, à la continuité d’activité — et pour inscrire la démarche dans une logique d’amélioration continue. C’est dans cet esprit que s’inscrit l’accompagnement Chesneau en gestion des risques, articulé autour de quatre temps

Alexandra SAVIGNE et Marie DOXIN



