Dans un contrat d’assurance IARD (Incendie, Accidents et Risques Divers), la prime versée ne correspond pas uniquement au coût du risque. Elle intègre aussi des contributions et taxes prévues par la réglementation.
Pour analyser l’évolution de son budget assurance, il est utile d’en distinguer clairement les composantes.
1. Comment se compose une prime IARD ?
Une prime comprend généralement :
- La prime technique (coût du risque et des sinistres).
- Les taxes et contributions légales, collectées par l’assureur pour le compte de l’État.
Ces taxes ne sont pas soumises à TVA et ne sont, en principe, pas récupérables par l’entreprise.
2. La contribution “Cat Nat”
Le régime des catastrophes naturelles est financé par une contribution appliquée à certaines garanties dommages.
Depuis le 1er janvier 2025, son taux est passé de 12 % à 20 %.
Sur une prime dommages aux biens de 50 000 €, cela représente 4 000 € supplémentaires, indépendamment d’une évolution des garanties.

3. La TSCA
La Taxe Spéciale sur les Conventions d’Assurances (TSCA) s’applique à de nombreux contrats IARD, avec des taux variables selon le risque.
À titre indicatif :
- Certains risques incendie sont taxés à 12 % (contre 7 % auparavant).
- En assurance automobile, certaines garanties peuvent atteindre 33 %.
Ces taux s’appliquent à la prime nette.
4. L’effet d’assiette
Les taxes étant calculées en pourcentage de la prime nette, toute hausse tarifaire augmente mécaniquement le montant des taxes en valeur absolue, même si les taux fiscaux restent stables.
5. Intégrer la fiscalité dans l’analyse
Identifier la part nette de taxes permet :
- de comparer les offres sur une base homogène,
- d’arbitrer entre franchise et prime (une franchise plus élevée réduit la prime nette et donc les taxes),
- de vérifier la correcte classification des risques assurés.
Il ne s’agit pas de réduire la protection, mais d’intégrer pleinement la dimension fiscale dans la stratégie globale de gestion des risques et du budget assurance.
Thomas Leprevost

